Allocution à l’occasion du conseil municipal du 26 janvier

ALLOCUTION DE MONSIEUR GEORGES MOTHRON, MAIRE D’ARGENTEUIL

CONSEIL MUNICIPAL DU 26 JANVIER 2018

 

Mesdames, Messieurs les élus,
Chères Argenteuillaises, Chers Argenteuillais,

 

Nous sommes encore dans la période des vœux et je veux donc profiter de l’occasion pour vous présenter à tous, élus, personnel municipal, Argenteuillais et Argenteuillaises présents dans le public ou spectateurs de la retransmission vidéo, mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Vœux de bonheur et de santé dans vos vies personnelles mais aussi vœux pour notre ville dans le futur.

Le futur de notre ville je tiens à en parler alors que nous allons débattre, ce soir, du budget 2018.

Le gouvernement, dans la lignée de ses prédécesseurs, adopte à l’égard des collectivités territoriales, et donc des villes comme la nôtre, une lente mais constante politique de remise en cause de leur autonomie d’action et notamment financière au nom de la lutte contre la dette publique.

Il souhaite faire participer les collectivités territoriales à l’effort de réduction de la dépense publique.

Je ne peux qu’être d’accord avec ce principe d’équilibre des comptes publics et de modération des dépenses pour réduire les déficits et permettre ensuite d’alléger la pression fiscale qui vient les financer.

Je souscris aussi pleinement à ce que les collectivités y prennent toute leur part.

Notre action depuis 4 ans pour redresser ceux de notre ville le prouve.

Seulement le discours et la méthode me semble déloyaux.

Le discours tout d’abord ; car l’objectif de l’État ne semble pas tant être la saine gestion des deniers publics par les collectivités, que de leur faire réaliser de force, sans concertation et au pas de charge les économies nécessaires au rééquilibrage des comptes publics de notre pays qu’il a bien du mal mener lui-même.

L’État laisse croire que les collectivités sont à l’origine d’une partie des déficits pour mieux leur faire faire les économies qu’il a bien du mal à réaliser.

Un peu comme si, à l’aéroport, au moment d’enregistrer, pour éviter l’excèdent de bagages vous demandiez à votre conjoint ou votre conjointe de vider sa valise en oubliant de faire de même avec la vôtre.

Car aujourd’hui, même si leur gestion est loin d’être parfaite, les collectivités sont dans leur globalité à l’équilibre et même légèrement excédentaires.

L’État, lui en revanche, ne peut en dire autant car c’est son déficit qui impacte les comptes publics.

Et cela alors même que, depuis des années, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de transférer aux collectivités toujours plus de missions, sans y joindre à chaque fois les moyens financiers qu’ils impliquent comme, par exemple, avec le PACS dont Xavier PERICAT nous parlera certainement tout à l’heure.

J’en viens maintenant à la méthode avec la disparition de la taxe d’habitation et le pacte de confiance présenté en septembre dernier.

Le gouvernement poursuit là, à l’égard des collectivités locales, la politique constante de ses prédécesseurs ; celle d’une lente mais constante remise en cause de leur autonomie d’action et notamment financière.

Chacun connait les défauts et les injustices de la taxe d’habitation mais sa disparition nous prive d’un levier de financement propre, de notre autonomie, ainsi que d’un lien direct entre la ville et ses habitants.

Par ailleurs, l’engagement de compensation intégrale de l’État ne court que jusqu’en 2020 !

Nous avons connu de meilleures garanties.

Comment projeter les recettes, donc les investissements d’une ville comme Argenteuil avec une visibilité à 3 ans ?

À cela s’ajoute le futur pacte de confiance dont l’élaboration doit commencer cette année pour une mise en place dès l’an prochain.

L’État a pris soin d’en fixer les résultats avant même d’en dévoiler le dispositif.

A l’heure où je vous parle nous n’en connaissons que les grandes lignes mais les détails restent encore vagues.

Mais notre ville par sa taille de sa population sera concernée

L’augmentation possible de notre budget de fonctionnement serait limitée, en principe, à 1.2% mais 3 critères différents

  • de croissance démographique,
  • de richesse de la population et
  • d’efforts passés sur la maitrise des frais de fonctionnement

par un jeu de malus et de bonus pourraient faire varier ce taux référence dans une fourchette comprise entre 0.75 et 1.65%

Pour être clair, avec notre budget cela autoriserait une augmentation comprise entre 1,2 et 2,6 millions d’€ pour notre ville.

Pour bien comprendre maintenant la problématique que cette mécanique pose à notre ville, prenons l’exemple de la masse salariale des agents de la ville qui représente 65% de notre budget de fonctionnement.

La simple progression mécanique du seul glissement vieillesse technicité (GVT) lié à la progression de carrière et aux changements de nature des missions des agents entrainera une hausse automatique de 1% de sa masse salariale soit 1 millions d’€/an.

Ce qui ne laissera à la ville qu’une marge de progression comprise entre 200 000 et 1,6 millions d’€.

Et cela sans aucune embauche.

Avec ces perspectives, l’immense effort de redressement de la situation financière de la ville et notamment la maîtrise de sa masse salariale entrepris depuis 4 ans apparaissent encore plus vitaux qu’ils ne l’étaient déjà.

A cette incertitude financière vient s’ajouter maintenant une incertitude institutionnelle avec la réflexion que mènent le Président de la République et le Gouvernement sur la réorganisation de la région parisienne

Laquelle remet déjà en question l’avenir des tous jeunes territoires de la Métropole et celui des départements dont le Val d’Oise sans qu’aucun ne soit réellement consulté.

Je m’en suis d’ailleurs ouvert la semaine dernière en signant, comme président de Boucle de Nord de Seine, une lettre ouverte commune avec 10 autres de mes collègues présidents de territoires de la MGP pour demander à ce que nos voix, celles de nos collectivités et de leurs citoyens, soient entendues.

Ce que nous voulons : c’est que le gouvernement redonne aux collectivités la maîtrise de leurs moyens, que l’on fasse d’elles les acteurs du redressement, comme nous l’avons fait à Argenteuil plutôt qu’une mise sous tutelle qui les place dans un brouillard institutionnel et financier qui entrave leur développement et leurs missions.

La Métropole est un formidable levier de développement et d’opportunités et nous devons la défendre.

Je l’ai souvent dit, notre choix de la rejoindre porte déjà ses fruits avec des projets comme Argenteuil Littoral ; mais, plus encore, il replace Argenteuil à sa place : au cœur du développement de notre région.

Cette dynamique vient à nouveau de payer avec le feu vert, acté par Île-de-France Mobilités lors de son Conseil d’Administration du 13 décembre dernier, pour, enfin, lancer la concertation et l’étude de faisabilité de la liaison en site propre Argenteuil-Bezons-Sartrouville.

Je m’en félicite pour Argenteuil et ses habitants.

Élément remarquable, dû à notre investissement dans la défense de ce dossier, la concertation reposera sur un tracé précis construit en totale collaboration avec les services de la ville.

Ce projet vital va enfin permettre de relier Argenteuil au grand pôle de la Défense via le T2 mais aussi de placer le secteur de la Porte Saint Germain en prise directe avec Paris, via la gare centrale, et La Défense à l’horizon 2025.

Il reliera notre territoire aux grands pôles d’emploi mais, mieux que cela, il nous permettra de faire de notre territoire un véritable pôle d’emploi avec le développement et la requalification de tout le secteur du Val Notre Dame et de la porte Saint-Germain.

Il assurera un transport fiable, capacitaire et constant, proche de celui du tram, pour désenclaver le val Notre-Dame limitant pour les riverains la nécessité de l’utilisation de la voiture particulière.

Enfin, il nous permettra de lancer la rénovation du quartier et de ses voies et espaces publics, notamment la rue Henri Barbusse et la place du 11 novembre, en organisant un nouveau partage de la voirie offrant une nouvelle place aux piétons et aux vélos.

Du 19 mars au 23 avril 2018 une concertation avec la population sera menée avec une exposition présentant le projet à l’hôtel de ville puis avec l’organisation d’une réunion publique.

Je souhaite finir cette introduction en ayant un mot pour les agents de la ville.

Nous avons, lors du dernier conseil, voté le nouveau régime indemnitaire avec, notamment, la création d’une prime nouvelle dont l’objectif est de récompenser les agents ayant témoigné, par leur présence constante, leur engagement au service de la collectivité.

Elle a d’ailleurs été versée ce mois-ci aux agents ayant fait preuve de cet engagement exceptionnel.

Elle a, cependant, suscité des polémiques et pu être mal comprise par certains.

Nous avions voulu qu’elle soit très simple dans son fonctionnement pour être facilement lisible et ne pas donner l’impression de créer des catégories ou des effets de seuil.

J’en ai discuté avec les agents, les élus et les représentants syndicaux et, après mûres réflexions, j’ai décidé d’en modifier un des critères.

 Je tenais donc à annoncer que je demanderai au prochain conseil municipal d’en étendre l’accès, dès cette année, aux agents ayant bénéficié d’un congé maternité mais aussi à ceux ayant pris un congé paternité.

Accueillir un enfant est un bonheur et une responsabilité autant pour une mère que pour un père et il me parait juste que les deux puissent en bénéficier sans distinction.

J’ai toujours envisagé ma fonction avec conviction et détermination dans l’action mais en restant ouvert à la discussion. Il faut savoir faire évoluer ce que l’on a porté pour en assurer le succès.

***

Maintenant place à l’ordre du jour.

Je vous remercie.

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