Allocution à l’occasion du Conseil municipal du 29 juin 2018

ALLOCUTION DE MONSIEUR GEORGES MOTHRON, MAIRE D’ARGENTEUIL, A L’OCCASION DU CONSEIL MUNICIPAL – 29 JUIN 2018

 

 

Mesdames, Messieurs les élus,
Chères Argenteuillaises, Chers Argenteuillais,

 

Je vais beaucoup parler de l’État dans les prochaines minutes mais je tenais tout de même à saluer sa représentante à Argenteuil, Mme CLAVEL, sous-Préfète depuis 2015, qui a quitté ses fonctions il y quelques jours.

Même si nous avons parfois eu des désaccords, elle a été une formidable partenaire pour notre ville et le maire que je suis.

Elle fut toujours soucieuse d’apporter son soutien et son expertise sur ses nombreux champs d’intervention que ce soit pour nous aider à faire sortir Argenteuil de sa léthargie,  avec l’adhésion à la métropole, l’ANRU ou bien encore le contrat d’intérêt national ; mais aussi sur les problématiques de sécurité et d’emploi avec SEMPERIT, DASSAULT, HEDIARD ou bien encore avec la vente du site YOPLAIT.

Fruit de ce travail en commun, la candidature de la ville pour le second appel à projet d’Inventons la Métropole du Grand Paris sur le site Yoplait, justement, a été une nouvelle fois été retenue et les investisseurs intéressés sont déjà venus visiter le site.

Nous serons attentifs, à ce que, tel  Argenteuil Littoral , un projet de grande qualité émerge sur ce site au cœur du Val Notre-Dame.

***

Je souhaitais maintenant aborder avec vous quelques sujets qui ont été au cœur de la vie de notre commune ces dernières semaines.

Le premier d’entre eux concerne le passage souterrain de la gare.

La SNCF, propriétaire du passage nous a indiqué que la solution qui avait été trouvée en son temps pour en maintenir l’accès libre aux riverains ne lui permettait plus de lutter contre la fraude.

Elle a donc souhaité sa fermeture complète tout en maintenant un accès libre aux riverains par l’intermédiaire d’une carte d’accès gratuite.

Je sais,  nous savons, combien ce passage est emprunté par les habitants du quartier.

Il est le seul disponible depuis la destruction de la passerelle qui enjambait les voies.

La SNCF s’était engagée à maintenir la liberté de passage, le nouveau dispositif, même s’il nécessite la délivrance d’une carte d’accès, n’y contrevient pas.

En revanche, le périmètre initialement retenu par la SNCF pour les riverains éligibles à la carte ne nous satisfaisait pas.

Nous avons donc obtenu en négociant avec elle un élargissement de ce périmètre, à l’est, pour englober tous les quartiers jusqu’à l’A15.

Au-delà de ce périmètre nous avons aussi obtenu la possibilité que soient envisagées des dérogations, au cas par cas, que la ville étudiera avant de les soumettre à la SNCF.

J’espère que cela permettra de conserver, pour les habitants ce lien essentiel entres les quartiers de part et d’autre du sillon ferroviaire.

***

Autre sujet d’importance : l’A15 avec l’effondrement du mur de soutènement du viaduc de Gennevilliers, le 15 mai dernier.

Cet effondrement a entrainé la fermeture totale de l’autoroute pendant 6 jours.

6 longues journées durant lesquelles Argenteuil s’est retrouvée totalement paralysée par le report, dans ses rues, du trafic d’un des axes majeurs de la région parisienne.

6 longues journées invivables pour l’ensemble des Argenteuillais, mais aussi pour les acteurs économiques du territoire qui ont vu leur activité entravée.

Depuis, la réouverture n’est que partielle et les bretelles d’accès d’Orgemont restent fermées pénalisant fortement le quartier et le centre-ville.

Le week-end dernier, nous avons eu à subir une nouvelle fermeture totale de l’autoroute pour des travaux d’urgence entrainant un nouvel épisode d’engorgement de nos axes de circulation.

Tout, dans cette affaire, illustre le désengagement coupable et croissant de l’État, sinon sa négligence.

Tout d’abord sur l’entretien de l’ouvrage par la DIRIF.

Nous avions eu des alertes il y a 2 ans sous la forme de fuites de sablons sur d’un des ouvrages.

Cela avait été signalé aux services de la DIRIF, j’attends toujours leur retour.

Mais au-delà, sur l’entretien des chaussées et des bretelles d’accès, l’État est aux abonnés absents.

C’est la Ville, par exemple, qui doit intervenir sur les voies d’accès, souvent en bataillant avec la DIRIF, afin de nettoyer à ses frais, les dépôts sauvages pour des raisons de salubrité et de sécurité.

Lors de la dernière opération, par exemple, 16 tonnes ont été retirées.

Autre signe de cette désinvolture, c’est la Ville, encore, qui a dû mettre en place les panneaux de déviation en centre-ville pour signaler la fermeture de la bretelle d’Orgemont aux automobilistes.

En l’absence d’interlocuteurs, c’est tout légitiment vers les élus locaux et les collectivités que les habitants se retournent.

C’est pourtant à l’État seul qu’incombe l’entretien du réseau des autoroutes et de leurs ouvrages en Île de France.

Autant le dire, aucune commune n’est armée pour absorber le trafic d’une des autoroutes les plus empruntées de la région.

La police Municipale d’aucune ville n’est en capacité d’intervenir en permanence sur l’ensemble des carrefours des voies de report utilisées par les automobilistes.

Et là encore, l’État a brillé par son absence.

Aucune solution de report d’urgence via l’A14 n’a été envisagée et aucun renfort de forces de l’ordre ne nous a été envoyé pour nous aider dans cette tâche.

Nous avons été purement et simplement abandonnés.

Mais au-delà d’Argenteuil, c’est tout le Val d’Oise qui se retrouve impacté et isolé par cette fermeture.

La DIRIF a annoncé, la semaine dernière, après un très long silence que la réouverture totale n’interviendrait pas avant 2019.

C’est donc l’intégralité du Val d’Oise, de ses habitants et de ses acteurs économiques qui vont devoir subir de longs mois cette situation intenable.

J’étais d’ailleurs mercredi soir, à l’invitation de Marie Christine CAVECCHI, au Conseil départemental avec les différents acteurs : collectivités, entreprises, usagers à la réunion de constitution du Collectif des usagers afin de faire pression sur l’État.

Nous sommes mobilisés et déterminés à agir pour qu’il daigne, tout simplement, assurer ses missions et garantir à nos territoires une réponse urgente à la mesure de l’enjeu.

Cette situation est d’autant plus inadmissible que « dans le même temps », comme aime le dire notre président, ce même État exige des collectivités d’assumer toujours plus de missions tout en réduisant leur liberté financière.

J’ai déjà, à plusieurs reprises, évoqué la nouvelle politique de contractualisation que l’État met en place et qui concerne Argenteuil tout particulièrement.

Il nous appartiendra, ce soir, en tant qu’élus, représentant les Argenteuillais, de nous prononcer sur le contrat qui nous est proposé.

Nous reviendrons en détail au cours du Conseil sur le contenu et le mécanisme de fonctionnement de ce contrat qui vise à limiter la hausse annuelle des dépenses de fonctionnement des collectivités ayant plus de 60 millions d’euros de budget de fonctionnement à 1,2% et sur ce que notre acharnement à négocier nous a permis d’obtenir.

Donner moins pour demander plus, telle semble être la nouvelle devise de l’État.

Nouvelle illustration de ce mode opératoire : les écoles.

La feuille de route du gouvernement sur le dédoublement des classes de CP en REP et CE1 en REP + nous demande d’ouvrir 61 classes auxquelles s’ajoutent 10 classes pour l’augmentation naturelle des effectifs pour la rentrée prochaine.

Je l’avais déjà dit et je le répète : 71 classes cela représente presque 4 groupes scolaires comme celui du Val Notre Dame.

Au-delà de la création physique de ces classes, ce sont aussi des frais de personnel et d’entretien qui viendront s’ajouter au budget de la commune.

Tout cela, nous est demandé dans le cadre d’une restriction des dotations et d’un encadrement de notre budget.

Nous remplirons notre part du contrat.

Les enfants des classes de CP en zone REP et ceux de CE1 en REP+ d’Argenteuil auront à la rentrée des effectifs réduits.

La majorité municipale d’Argenteuil sera toujours du côté des Argenteuillais et au service de sa jeunesse.

Notre action résolue depuis 4 ans pour rendre à notre ville sa capacité d’action se révèle toujours plus fondamentale au fur et à mesure du désengagement de l’État.

Pour conclure, la Cour de Comptes a rendu cette semaine un audit des comptes publics qui pointe une hausse de la dépense des seuls ministères de 4.8% en 2017.

Ce que l’État est parfaitement incapable de faire, preuve à l’appui, il l’exige des collectivités qui, elles dans leur globalité, par leur gestion positive ne participent pas au déficit des comptes publics, faut-il le rappeler.

L’État, serait-il incapable, à son échelle de réaliser ce que nous avons réalisé à Argenteuil ?

Accepterait-il de signer le même contrat avec les français que celui qu’il nous impose ?

Nous avons, je le crois malheureusement, la réponse.

Je vous remercie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>