Discours d’introduction au Conseil municipal du mardi 28 juin 2016

Je vous invite à retrouver, ci dessous, mon discours introductif au Conseil municipal du mardi 28 juin 2016 :

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

En introduction du Conseil municipal de ce soir, je souhaiterais vous faire part de résultats concrets qui viennent saluer deux ans d’efforts que nous avons menés avec l’ensemble de l’équipe municipale.

Tout d’abord, je tenais à vous exposer les conclusions officielles de la Chambre régionale des comptes qui a dévoilé son rapport il y a quelques jours sur son analyse de notre budget 2016.

 La première, et non des moindres, est que, grâce à notre gestion exemplaire, la Ville est désormais libérée du plan de redressement triennal qui lui était imposé depuis 2 ans, et ce donc avec 1 an d’avance.

La CRC a en effet jugé que la commune avait, je cite, « pris les mesures suffisantes pour résorber le déficit constaté en 2013 ».

Et de conclure que «  le budget 2016 a été adopté en équilibre réel (…), les recettes et dépenses ont été évaluées de façon sincère ».

 Cette décision et les conclusions de ce rapport, émanant d’un organisme d’État, ont d’autant plus de valeur et ne laissent aucune place à la discussion.

 Mais surtout, la décision de la CRC s’appuie sur des chiffres éloquents, vérifiés par la CRC elle-même, que nos efforts ont permis de réaliser :

  • Abaissement de la masse salariale de -9 M€ en 1 an, passant de 89 M€ en 2014 à 80 M€ en 2015,
  • Accroissement de notre capacité d’autofinancement qui est passée de -3 M€ en 2014 à 20 M€ en 2015,
  • Baisse vertigineuse de notre capacité de désendettement passée de 155 ans en 2013 à 16 ans en 2015.

 Ces résultats et la conclusion de ce rapport sont une victoire que nous devons à notre volonté politique et notre ténacité.

Dans l’adversité, nous avons dû faire face à certaines décisions qui n’ont, croyez-moi, pas toujours été simples à prendre.

Cette victoire, nous la devons aussi aux agents de la Ville et à l’ensemble des services municipaux dont l’engagement quotidien, le sens de l’action publique et l’implication dans ce défi collectif, dont dépendait la survie même de notre collectivité, ont été déterminants.

 Pour autant, cette victoire ne doit pas être qu’un moment de plaisir mais une responsabilité.

Une responsabilité envers les Argenteuillais de maintenir ce cap.

Car si nous sommes désormais sortis des difficultés financières, nous ne devons pas pour autant relâcher nos efforts.

 Aussi, cette victoire doit être un encouragement à poursuivre cette dynamique de redressement des comptes de la Ville, afin de pouvoir envisager sereinement mais avec ambition l’avenir d’Argenteuil et des Argenteuillais.

Et l’avenir nous le préparons déjà !

L’avenir de notre jeunesse tout d’abord avec une priorité : l’Éducation.

Les résultats d’une étude prospective que nous avons réalisée, élaborée sur les 10 prochaines années, révèle les importants besoins d’Argenteuil en matière d’équipements et de structures d’accueil à l’aune de l’évolution démographique de la ville.

 Ainsi, cette année, ce sont près d’1,4 M€ que nous avons engagés afin de permettre l’ouverture de 15 nouvelles classes dès la rentrée 2016, auxquels s’ajoutent 2 M€ de travaux d’amélioration dans l’ensemble des écoles de la Ville.

Ces premières réalisations seront complétées progressivement, avec notamment l’ouverture d’un nouveau groupe scolaire dans les 2 ans.

L’avenir de nos entreprises et de notre tissu économique ensuite.

 Face au sentiment d’abandon et l’absence de lien avec des acteurs économiques délaissés, le lancement de notre premier Conseil économique est une réponse concrète, et plus encore la promesse de travailler ensemble au renouveau de l’attractivité de notre territoire.

Ce Conseil économique est aussi l’incarnation de notre vision pour l’avenir d’Argenteuil.

Celle de faire de notre Ville un acteur incontournable de la métropole du Grand Paris qui se construit.

Nous ne pouvons manquer ce rendez-vous et devons créer notre chance d’y jouer un rôle de premier plan !

Dans cette même dynamique, nous avons voulu que la Ville soit d’ailleurs présente au prochain SIMI, le salon de l’immobilier d’entreprise, en fin d’année.

Enfin, envisager l’avenir c’est aussi nous donner aujourd’hui les moyens de le préparer.

C’est d’ores et déjà le cas avec une certaine latitude que nous avons retrouvée sur le foncier, notamment s’agissant des terrains SAGEM, RAKON et YOPLAY, qui doivent nous permettre d’accompagner le projet de rénovation urbaine du quartier de la Porte Saint-Germain et d’aménagement des berges de la Seine.

Notre capacité à gérer le patrimoine foncier de notre Ville est essentielle pour mener à bien une politique de projets urbains audacieuse et visionnaire.

 Se donner les moyens de préparer l’avenir est aussi l’ambition voulue par la mise en place de l’application Tell My City, dont les premiers résultats prouvent l’attente forte de nos concitoyens en matière de signalement, et attestent du besoin de faciliter le lien entre les usagers et la collectivité, en faveur de davantage d’efficacité du service public.

 Tell My City, depuis son lancement le 16 juin dernier, ce sont :

  • 198 inscrits,
  • 396 alertes reçues sur l’ensemble des quartiers de la ville,
  • 35 alertes par jour en moyenne,
  • 2,6 jours de délai moyen d’intervention.

Chaussée dégradée, véhicules épaves, et propreté constituent l’essentiel des signalements reçus.

Au-delà du succès de cette innovation et de notre capacité à y faire face, ces premiers résultats statistiques révèlent le chemin qu’il nous faut parcourir afin de rendre notre ville plus agréable à vivre au quotidien et ainsi plus attractive.

 ***

Vous l’aurez compris, l’attractivité de notre territoire est le fer de lance de notre politique pour Argenteuil.

Nos très bons résultats financiers et notre exemplarité budgétaire, salués par la CRC, nous délivrent avec un an d’avance du poids du plan de redressement qui pesait sur notre commune.

Je tiens d’ailleurs à remercier une nouvelle fois l’ensemble des services de la Ville qui en ont été les acteurs indispensables.

À remercier également, la majorité de ce conseil qui m’a toujours soutenu dans nos actions difficiles.

Nous pouvons être fiers de cette victoire !

Cette réussite ouvre la voie d’un nouveau chapitre que nous avons déjà commencé à écrire.

Elle est un signal fort envoyé en direction des entrepreneurs et des investisseurs et doit restaurer leur confiance.

Elle est une solidité nécessaire à l’engagement de nos projets, au premier plan desquels l’Éducation de nos enfants.

Elle est enfin la réussite de tous les Argenteuillais qui en seront les premiers bénéficiaires, et dont l’assurance d’un avenir meilleur est l’essence même de notre raison d’agir au quotidien pour Argenteuil.

Enfin, je ferai plaisir à l’opposition en rappelant que même face aux difficultés que nous avons traversées, et comme nous nous y étions engagés, nous n’avons jamais cédé à la facilité qu’aurait été une augmentation des impôts.

Mieux encore, c’est avec des résultats comme ceux-là que l’on peut, de façon responsable, envisager une baisse d’impôts très prochainement.

Je vous remercie.

 

Ma tribune sur Argenteuil dans Le Monde

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Argenteuil n’est pas un « Molenbeek français »

LE MONDE |  

Une opération de police visant à l'arrestation d'un terroriste à Argenteuil le 25 mars 2016.

Une nouvelle fois, je constate que, pour un grand nombre de nos concitoyens et plusieurs élus, y compris dans mon propre « camp », le nom d’Argenteuil, commune dont je suis le premier magistrat depuis les élections municipales de 2014, évoque la « France qui tombe », le mal-être des quartiers et l’insécurité. De là à en faire le « Molenbeek français », comme je l’ai entendu répéter ces derniers jours… Non ! Je m’insurge contre ces comparaisons déplacées et injustes.

Argenteuil, la troisième ville d’Ile-de-France, n’est ni un désert économique, ni un repaire du grand banditisme et du terrorisme. C’est une ville de banlieue, où vivent et travaillent des populations, certes en grande partie immigrées, mais nullement concernées par la lutte que mène un islam intégriste.

Je ne veux pas nier la réalité sociale de ma ville – chômage, délinquance, pratiques religieuses parfois radicales – mais des actions sont menées pour faire respecter l’esprit de la République comme celui du service public.

Que nous disent les faits ? Je constate que lors des dernières élections régionales, l’Ile-de-France a été relativement épargnée par la vague Front National. Et cela a un sens : les grandes aires urbaines ont continué à créer de l’emploi au cours des dix dernières années, alors que la France dans son ensemble en détruisait. La banlieue bénéficie de la dynamique des grandes métropoles, la proximité du cœur de réacteur de la production de richesse constitue un atout pour ses habitants.

La banlieue ne peut être considérée comme un ghetto. C’est un territoire de passage où, je peux en témoigner, la capacité à intégrer le monde du travail, comme celui de la formation, existe, où l’accès au savoir est possible. L’ascenseur social peut fonctionner et il n’est pas rare d’y observer un embourgeoisement des populations immigrées.

 

Le vrai danger est d’enfermer ses habitants dans des politiques communautaristes, comme ce fut souvent le cas, y compris à Argenteuil. Je m’emploie autant qu’il est possible à en effacer les traces, notamment avec la création d’un conseil de la citoyenneté qui, au-delà des représentants des cultes et de l’Etat, est ouvert aux principales administrations et associations de la ville d’Argenteuil.

Repenser l’action à l’égard des territoires

La population de nos villes est souvent plus mobile géographiquement et socialement que ne le sont les habitants de certaines zones rurales. Le déclassement est souvent plus grave dans ce qu’il est convenu d’appeler le rural profond, trop éloigné des zones de production de richesse, que dans nos communes d’Ile-de-France.

Nos territoires de la périphérie parisienne présentent certes des poches de pauvreté, mais il ne faut pas les considérer comme des terres sans espoir, des culs-de-sac de la promotion sociale. Cette vision stigmatisante est la source de graves erreurs dans la conception même des politiques publiques.

L’Etat doit donc repenser son action à l’égard des territoires dans sa globalité. La politique de la Ville conçue avant tout comme une politique de la banlieue a vécu. Elle ne correspond plus à la réalité de notre quotidien. Nous avons besoin, nous, communes pauvres de banlieue, d’un arrimage solide aux territoires en croissance. Notre destin et celui de nos populations sont davantage liés aux potentialités que ces territoires nous offrent sur le plan économique, culturel et éducatif, qu’à un énième plan d’assistance. C’est pour cette raison que j’ai fait le choix qu’Argenteuil intègre, le 1er janvier 2016, la métropole du Grand Paris, qui lui permettra de jouer un rôle majeur dans les années à venir.

Georges Mothron est le maire (Les Républicains) d’Argenteuil (Val-d’Oise)